Le 10, 11 et 12 novembre dernier s’est tenue à Ouagadougou une conférence internationale sur les agrocarburants. Après une première édition en 2007 sur les enjeux et perspectives des biocarburants en Afrique de l’Ouest, cette nouvelle édition 2009 posait la question suivante « les biocarburants : facteurs d’insécurité alimentaire ou moteur de développement ? ». Pour débattre de cette question, des chercheurs, des consultants, des agents gouvernementaux et des représentants d’organisations se sont réunis 3 jours durant.
En Afrique de l’Ouest, le coût de l’énergie ne cesse d’augmenter, la rendant de moins en moins abordable pour les populations. Les agrocarburants apparaissent dès lors comme l’alternative aux énergies fossiles qui pourrait permettre à tous d’accéder à l’énergie à moindre coût. Actuellement, de nombreuses recherches et expériences sont réalisées afin de déterminer l’intérêt de la filière Jatropha, agrocarburant porteur d’espoir en Afrique de l’Ouest. En 2007, le Sénégal a ainsi inauguré un vaste programme national pour la production du Jatropha. Le Burkina Faso a présenté un programme similaire en 2009. D’autres initiatives voient le jour un peu partout.
Ces expériences soulèvent néanmoins de nombreuses questions. En effet, de plus en plus de producteurs se tournent vers le Jatropha mais aucune étude n’a encore démontré le potentiel de la filière. Le risque de voir les populations locales s’engager dans une démarche qui révèlerait par la suite des effets néfastes sur leur sécurité alimentaire ou leur environnement est réel. De plus, la monoculture intensive de Jatropha pourrait avoir un impact très néfaste sur la biodiversité. C’est pourquoi des actions menées en milieu rural, sur de petites surfaces, avec la participation de la population encadrée par des ONG permet de vérifier concrètement le potentiel de la plante Jatropha avant de l’introduire à plus grande échelle.
A Dialakoto, petite communauté rurale du Sénégal, ADG et son partenaire OPDAD se sont lancés depuis un an dans un projet de vérification du système Jatropha en milieu rural sénégalais. Comme d’autres acteurs et porteurs de projets dans d’autres régions, ils ont d’abord testé différentes aspects de la production du Jatropha : techniques de semis, plantation en haies vives (embocagement), taille des plants ou encore réaction à la fumure. Le projet a désormais entamé sa deuxième phase qui vise à tester la filière. Avec l’huile de Jatropha produite, la production de savon, de lampe à huile et d’autres produits dérivés sera ainsi testée. Des études de marché permettront d’identifier les produits porteurs. Des études de préférence seront ensuite réalisées auprès des consommateurs. Au terme de la troisième et dernière année de projet, les résultats obtenus sur le terrain pourront être communiqués dans le cadre de la prochaine conférence sur les agrocarburants. Cela permettra de faire avancer les débats et les politiques sur le développement des agrocarburants en Afrique de l’Ouest.


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